Conversation : L'intention du projet

J'ai commencé par collectionner de courtes vidéo de ma famille . Sans but au début. Pour enregistrer, garder une trace, apprendre à manipuler l'outil. Avec un peu de technique filmer, c'était voyager ensuite c'était social et politique.

Mon grand-père est mort le 16 avril 2009. J'y ai gagné un MacBook Pro et une dette à son égard. Celle de mener à bien mes envies.

Ce qui est important aujourd'hui c'est la vie et la mort, c'est mettre en scène le désir que je ressens pour ma femme, l'émotion que me procure les paysages qui m'entourent, le vent sur mon crane chauve, le jour qui pointe quand je prends mon café, la peine qui m'envahis au décès de mon grand père, le mal de bide que je ressens face à mon père quand je ne sais pas lui dire combien je l'aime, combien je le hais.

J'ai toujours pensé que parce que je suis de Penmarc'h je dois faire des films. Que c'était ma seul légitimité d'être derrière la caméra. Cette sensation m'a toujours intriguée et ce travail à pour objet de la trifouiller. Qu'est ce que " Chez soi " a à voir avec vidéo ? C'est la recherche que j'entreprends.

Mon intention est d'utiliser les codes du films de famille et de les retourner pour évoquer la vie sur mon bout de rocher.

Je voyage, je tourne, je pense, parce que je suis de Penmarc'h. Je suis le petits fils de marins. J'appartiens à une Histoire. Celle des marins ?

Parce qu'il faut bien commencer par quelque chose, ce sont ces quelques images de mon grand père qui ouvriront le bal.

Si ce travail me tient tant à coeur, c'est grâce et à cause de lui.

Depuis de nombreuses années, je souhaitais le filmer, enregistrer sa voix, son corps et ses histoires mais il est décédé le 16 avril de cette année avant que je n'ai pu m'approcher de lui avec une caméra. J'avais peur, je ne me sentais pas légitime, je me croyais prétentieux et futile. Comment être debout face à un homme qui a arraché sa vie à la mer ? Un homme qui a connu " avant ".

Mon envie d'image et son métier sont liés. Je suis le petit fils d'un homme qui partait en mer sur son canot tous les matins, quelque soit le temps : " parce qu'il le fallait "

Parce qu'il le faut, je travaillerais ce qu'il m'a transmis !

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