Un peu de politique

La situation politique ici,

Pas facile de comprendre, je pense même que je n'y arriverai pas du tout avant la fin de mon voyage. On peut dire une chose, les idées sont tranchées. Il y a ceux qui sont pour Chavez, il y a ceux qui sont contre, ces deux parties sont probablement les plus importantes et il y a une petite franche que j'ai énormément de mal a déterminer, probablement des gens à gauche, mais non représenté, d'anciens pro Chavez, qui sont revenu en arrière, qui essaient de prendre un peu de recul sur la situation. Il y a bien évidemment ceux qui ne s'intéressent pas à la politique comme dans tous les pays, mais cette partie semble assez minime ici. Comme souvent à droite on ne se pose pas beaucoup de question et on suit le chef, les gens de droite ont le beau rôle car il ne se remette que très rarement en question, la vie est plus simple. Ça, c'est juste pour un petit mot pour voir les poiles s'iriser, sur certains bras.

Une chose est sure la question politique ici a de l'importance, elle a même tendance assez souvent à mettre du désordre dans les familles.

Comme beaucoup d'européen que je croise ici, je suis venu pour voir cette politique utopiste, essayer de comprendre ce qui ce passe, avec probablement énormément d'espoir. Je commence à me demander si une grande partie de mes attentes ne sont pas construites, en partie, sur le faite que je suis déprimé par l'état de la politique en Europe. Conscient que nous somme dans un train qui fonce à toute allure sur une voie sans raille, il me semble que nous couront à une catastrophe évidente, peu être c'est une des choses qui fait la différence entre les gens de droite et les gens de gauche en europe. Pour certain, la science, la liberté individuelle à tout prix et  une croissance à quatre point nous sauvera, pour d'autre si nous ne freinons pas cette croissance, et si nous n'imposons pas des règles pour construire un intérêt commun, nous somme perdu. Enfin bref, je m'égare, je commence à faire de la politique de comptoir.

Revenons à nos moutons, à Mérida. Pour le moment je vois une campagne électorale très démonstrative de Chavez dans la rue, dans les champs. On ne voit que lui, énormément d'affiche, des stands un peu partout en ville, des manifestations, des voitures avec des hauts parleurs qui balancent toutes sortes de musique à la gloire de Chavez. C'est assez impressionnant, on peu comparer sa présence sur le terrain à la présence de sarko dans nos médias. Gigantesque. Il faut prendre en compte que les vénézuéliens sont friand de télé, et que là, part contre, ainsi que dans la presse, c'est la droite qui a la main mise sur l'info. Deux campagnes qui se jouent sur deux plans différents, la rue et les médias.

J'ai entendu des trucs sur Chavez, qui fond froid dans le dos, si pour le moment ce n'est pas le cas, une éventualité de dictature est à mon avis bien possible. Président à vie et autre truc de ce genre, mon l'air d'être à l'ordre du jour et à priori clairement exprimé. Quand à rosales, le candidat de droite, il est l'un des organisateurs du coup d'état de 2002 et des tentatives de déstabilisation du pouvoir en place, manœuvrées par les usa. Ce n'est pas terrible, terrible, non plus.

En ce moment la situation est plutôt calme, un chose est à noté c'est la peur énorme, de la classe moyenne et de la classe riche, voir très riche, vis-à-vis des plus pauvre. Et en général, une méfiance énorme des uns vis-à-vis des autres. La classe moyenne et riche, vive dans un monde totalement déconnecté de la rue, ils ne se déplacent jamais à pied après 7 heures le soir et ils fabulent sur des dangers et une criminalité monstrueuse. Ils sont effrayés, sans raison car Mérida est vraiment une ville paisible, comme dans tous les endroits du monde, il y a des codes, des règles implicites, un minimum de prudence est évidemment nécessaire, mais de là à imaginer tous ces montres, c'est assez hallucinant. Je pense, sans me tromper, que ceci est une représentation d'un racisme de classe. Mais je ne jetterais pas une pierre sur les gens de mérida, cette situation est mondiale, Afrique, indes, USA, europe, partout les groupements sociaux les plus riche tentent d'empêcher les groupements, les plus démunies d'empiéter sur leur espace. Pour justifier ces quartiers riches fermer et sur protégé, déconnecté de la ville, ils doivent se construirent cette peur de l'autre, se construire cette impossibilité d'évoluer dans le même espace, que les plus pauvres, sous peine, à coup sur, d'être agressé. Une fois que ceci est fait, que toutes ces barrières mentales sont en place, tout est là pour justifier n'importe quelle politique sécuritaire et les investissements qui en découle. A l'autre bout, les barios, étrange reflet, de cette société. Ce reflet construit, identique et différent, l'un servant d'excuse à l'autre, aucune ne pouvant exister sans l'autre, volonté individuelle contre volonté de groupe, bêtise contre bêtise, …

Pour les élections, les gens craignent des problèmes. Que ce soit l'un ou l'autre camps qui l'emporte, on s'attend ici à des manifestations de mécontentement, à des tentatives de déstabilisation. Peut être que je me trompe mais ça me fait bien rigoler pour le moment. Je crois que ceci encore participe à ce besoin de crainte, qui est probablement le moteur de quelque chose de plus puissant. Je vous livre juste mes pensées, ne vous inquiétez pas, je ne risque pas grand-chose en temps qu'européen. Je suis arrivé ici, avec la trouille au ventre, crée par tout ce que j'avais pu lire, entendre, toute les constructions idéologiques qui nous entoure en europe. J'ai été presque tétanisé les deux premiers jours. Tout est construction, fantasme, tout ceci sert à dresser des murs entre des populations à intérêt commun, les différencier, les opposés. La peur est moteur très puissant pour  diviser et cantonné, les troupes.

A l'opposé, il y a la construction que j'appellerai de gauche, altermondialiste, basée sur un espoir de changement, penser qu'un autre système est possible et faire en sorte de le construire. Bien sure, j'adhère totalement avec cette idéologie. Mais, mes trois semaine passer ici, ce que j'entends, ce que je vois, ce que je ressent, m'oblige à penser. Je suis venu ici voir,   l'utopie et l'espoir, car l'état de notre politique, de nos idéologies en Europe est à l'agonie. Entre ségolène et sarko, il y a de quoi être déprimé, à droite comme à gauche, car je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ça ressemble au néant idéologique. Sarko est loin d'être un libéral au sens premier du terme et ségo, ça me déprime. Enfin bref, en temps que lecteur assidue du monde diplo et ouvert à la possibilité de penser autrement, j'ai décidé de venir vérifier par mois même ce que l'on pouvait dire sur le phénomène amérique du sud, ce grand changement, passant par lula et chavez, inspiré par castro et les années 60 et 70. Cette envie de croire au renouveau idéologique et tout et tout. Je crois maintenant que tout ceci, est aussi une construction européenne, une construction de gauche, qui décide de mettre ces espoirs sur un autre continent, car en Europe les choses semblent bien bouchées. Ce qui ne semble plus possible chez nous on souhaiterait le voir arrivé ici. On espère qu'ils sauront construire cette nouvelle idéologie, alternatives au capitalisme occidental. Car depuis la chute du mur, seul cette idée existe et ce n'est jamais très bon de mettre toutes ces billes dans le même panier. On espère qu'ici ils seront dépasser ce qui semble indépassable chez nous. Peut être aussi que l'on n'est pas près, en France, avoir nos libertés individuelles réduites. Je pense qu'ici, le changement passera prochainement par une dictature, par un homme élue à vie, je ne sais pas si c'est mal ou bien. J'espère que le vénézuela a les moyens économiques de cette idée, qu'il aura le soutient d'autre pays du sud. La guerre sera dur et les USA tenteront probablement la même chose qu'ils ont fait avec cuba. L'appauvrissement par le blocus économique. J'espère que les idées pourront vivre ici, ce sera probablement très dur.



Ici, je vis dans un monde a part, un touriste bien lotie, plein d'argent, fréquentant la classe aisé de la population, je n'ai pas de contact directe avec les plus démunie, je les vois car je rentre tard à pied et que je reste discuter dans des lieux de passage, les lieux de vie nocturne ; Ce qui me frappe le plus sur les gens que je côtoie, en plus de leur peur des autres, c'est l'énergie développée pour le paraître, se montrer. Le festival de cinéma vénézuélien de Mérida, était impressionnant à ce sujet, c'était le rendez vous des pin- up de Mérida, au niveau des prix c'était du passage de pommade et la fête de fin de festival était l'apothéose de tout ça. C'est difficile à expliquer ce que j'ai pu ressentir, on sentait un fort sentiment de nationalisme, mais vraiment étrange, une USAisation importante. Forcément les films que j'ai préférés, non pas eu de prix et tous le monde me trouvait bizarre car je n'aimais pas les films congratuler par tous. La réflexion étai totalement absente des films primés au profit d'une auto satisfaction. Un besoin important de faire national, avec des modes de représentation hollywoodienne.
Quand on vient au vénézuela, on s'attend à rencontrer une population assez distante des idéologies des USA. Ce qui prédomine ici, ce sont   les grosses voitures américaines, plastiquage des nanas, le baseball, les feuilletons.   

Voila quelque observations un peu livrées n'importe comment, tous ceci m'est inspiré par ce que je vois tous les jours. Bon je vais en rester là, sur ces quelques divagations. Ceci est juste un premier jet pour essayer d'y voir un peu plus claire dans ma tête. Rien n'est fixe, tout bouge, rien n'est vrai, tout est construit. Je vais essayer de faire bouger mon point de vue pendant le temps qu'il me reste ici. Jusqu'à la fin je ne serais qu'un touriste, avec le regard d'un touriste, les contraintes et les avantages de ma situation. Je ne percevrais que des brides, traduites dans mon cerveau par ma grille de lecture.

A tchao

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